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Benoît Légeret / Le Bus Bleu

6 minuti 1006 parole

La vie en… bleu. Un bus années ’50 est la nouvelle fenêtre sur Paris. Interview de Benoît Légeret.
Surprise ! Ce bus que vous regardez approcher dans les bouchons n’est pas un mirage : l’expression hébétée de votre voisin et l’index tendu de son fils prouvent bien le contraire. Possible ? Fort d’une sympathie spontanée, ce Gaulion Renault 2168 reçoit à son passage l’hommage des gens qui le croisent. Lui, et son chauffeur, qui l’a acheté sur internet les yeux fermés…

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Benoît, c’était un véritable coup de foudre!
(il rigole) Ce n’était pas la peine de me déplacer jusqu’à Montpellier, je savais qu’il ne marcherait pas ! Ainsi j’ai contacté un transporteur pour le ramener dans le hangar de mon père, à la campagne. Il y est resté trois ans, puis je l’ai entièrement refait de mes propres mains sous les yeux sceptiques du voisin, qui n’arrêtait pas de me répéter « C’est un tue-bonhomme ! Il faut le mettre à la ferraille ! ». Mais moi j’adore les véhicules rétro, et j’avais cherché ce bus pendant un an.

Comment t’as eu l’idée?
J’en avais tellement marre de mon boulot ! A l’époque je bossais pour le groupe de presse Mondadori, où je gérais le site internet de la revue Le film français. Dix ans chez Berlusconi, tu te rends compte ? (il rigole).
Je n’étais pas satisfait mais tu connais Paris : le rythme de la ville l’emporte et tu finis pour t’y habituer, du coup ça passe.
Comme ça, un soir je suis parti à Montmartre voir Piero, mon pote italien. Je conduisais un vieux Tube Citroën, notre voiture d’accompagnement pendant un voyage à vélo qu’on avait fait l’été entre amis. Je n’ai même pas eu le temps de sortir du fourgon que tout le monde était autour ! La surprise a été si forte que je me suis dit « Il faut en faire quelque chose ! ». Je ne pensais pas que ce vieux véhicule toucherait autant les gens.

Comment t’y es-tu pris pour le restaurer?
Au début je n’ai rien pu faire. Je l’avais eu pour vraiment pas cher, mais le restaurer c’était autre chose : il me fallait un financement. Une fois l’aide obtenue, j’y ai bossé sans arrêt pendant deux ans.
En plus des problèmes techniques à résoudre et de la carrosserie à refaire, au moment de l’achat le bus n’avait pas de sièges. Son dernier propriétaire voulait en faire un camping-car, et bien que la transformation n’ait jamais abouti (le véhicule reste 30 ans dans un garage, ndlr.), le projet lui a permis de le déclasser de 35 en 9 places (conducteur inclus).
Ainsi je les ai rajoutés d’un autre bus : ils étaient bleus, d’où l’inspiration du nom. Et j’ai bien fait ! D’ailleurs les enfants l’indiquaient déjà ainsi dans la rue : « Papa ! Papa ! Regarde le bus bleu ! ».

Du coup à l’origine Le Bus Bleu… n’était pas bleu?
Tout à fait. Classe 1958, après une brève carrière militaire (un « Bientôt la quille ! » gravé dans le volant en témoigne) le bus est réintégré au civil : ainsi pour le transport scolaire il abandonne le vert original pour un jaune vif. Jusqu’au jour, quelques années après, où il devient la propriété d’un groupe rock de Montpellier, Les Mariner’s. Une formation appréciée, à ce qu’il paraît d’après une carte postale que j’ai retrouvée dans le bus pendant les travaux : elle était signée par une fille amoureuse du chanteur ! En tout cas, c’est aux Mariner’s qu’on doit la première base de bleu sur la partie inférieure du bus.

Comment tu promeus l’image du Bus?
Ce qui marche le mieux ce sont les enterrements de vie de jeune fille : elles adorent, moi je les accompagne dans une visite d’une heure environ.
On fait beaucoup de mariages, shootings photos, mais aussi des visites touristiques et des événements particuliers. En tant que véhicule d’époque je participe à la traversée de Paris, et ça m’arrive de proposer aux privés l’habillage du bus selon les couleurs de leur marque. Ca a été le cas du Tour Auto que je viens de terminer : il s’agit d’occasions qui donnent une bonne image à mon activité, ainsi qu’un soutien économique indispensable.
Sans compter que Le Bus Bleu est un véritable agrégateur de souvenirs. La semaine passée on a célébré à bord les 90 ans d’une dame qui s’était mariée dans un bus comme le mien après la Guerre !

Tu dirais que ton idée a marché?
Je ne croyais pas que ça aurait été aussi dur ! On a eu un bon retour des médias, et le bouche à oreille marche bien : l’activité est lancée. Maintenant il s’agit de jouer toutes nos cartes.
La limitation de la carte grise à 9 places est un peu embêtante, quoique l’espace disponible sur l’avant du bus s’adapte bien aux apéritifs, très appréciés lors des mariages.
Je n’ai pas le droit de vendre de l’alcool à bord, mais les passagers peuvent monter sans problèmes avec une bouteille de champagne ou quelques bières.
Sinon, la conduite du bus est très physique (« mon voisin me l’avait dit… !» en souriant) et Paris se confirme comme une ville difficile : ici le gens sont stressés et ont du mal à s’habituer au bus, qui freine et accélère doucement.

Des projets pour le futur?
On vient de lancer un circuit consacré aux lieux emblématiques de Midnight in Paris, le dernier film de Woody Allen : je crois que les balades thématiques vont plaire.
J’ai envie de faire quelque chose de drôle, prenant, qui fasse découvrir Paris d’un autre œil. Pour cela on travaille sur plusieurs sujets, qui pourront être développés à bord, aussi avec l’aide de guides internationaux.

(Ph. Credits: callibella.fr,Épouse-Moi Cocotte)

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Gaia Puliero

Intervista a cura di Gaia Puliero

Vive a Parigi dove lavora per il portale di viaggio Easyvoyage. Collabora con la rivista africanista Nigrizia

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